La blessure d’humiliation

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Je te conseille de faire le questionnaire des 5 blessures avant de lire les articles correspondants. 

HUMILIATION

Lise Bourbeau, célèbre psychologue, a répertorié les « souffrances » de l’être humain sous 5 blessures : l’abandon, le rejet, la trahison, l ‘humiliation et l’injustice. Le terme « blessure » symbolise les différents évènements vécus par l’enfant, qui ont marqué son inconscient et construit sa personnalité.                                                                               L’humiliation est une blessure courante, elle apparaît lorsqu’on humilie un enfant, avec des moqueries, des critiques devant tout le monde, ce qui crée chez lui un sentiment de gêne et de honte de ce qu’il est, ou avec des phrases du style «  tu me fais honte, tu te rends compte de ton comportement? ». L’enfant s’est senti rabaissé, souvent en public. Les parents blessent l’enfant dans son être et l’image qu’il a de lui, en grandissant, il aura une blessure narcissique d’amour-propre énorme et aura honte de lui en permanence, consciemment ou non. Le summum de la blessure d’humiliation est le viol ou les attouchements, l’enfant grandira en pensant qu’il est sale et que c’est de sa faute s’il lui est arrivé ça.

Tu vas peut-être retrouver certains traits de ta personnalité dans ce que je vais décrire, si tu n’en as que quelques uns, c’est que tu as une légère blessure, si tu les as pratiquement tous, c’est donc ta blessure principale. Tu peux avoir ensuite le rejet en deuxième blessure, l’abandon en troisième, par exemple.

Lorsque l’enfant construit sa psyché, il développe ce que l’on appelle l’égo, son égo, sa personnalité, est chargée de faire tout son possible pour qu’il ne souffre pas trop à chaque humiliation. Le trait de caractère principal qui caractérise ces personnes est le masochisme on les appelle donc les masochistes. Ce terme est choisi car cette personne va se dévaloriser et se détester constamment, avant que les autres le fassent, s’il se fait mal lui-même, au moins, il contrôle sa douleur, c’est une forme de protection et une auto-mutilation psychologique.

  • Le masochiste a un corps plus gros que la norme, il s’habille mal ou assez près du corps, ce qui met ses défauts encore plus en avant, il a un corps qui lui fait honte.
  • Le masochiste s’auto-critique, se moque de lui, se dévalorise, voire se blesse. Il peut le faire mentalement ou à voix haute.
  • Le masochiste veut se faire aimer et accepter, il en fait beaucoup pour les autres ; ménage, nourriture, bien s’habiller et prendre soin de lui, mais il ne le fera jamais pour lui. Généralement, lorsqu’il est seul, il se met des vieux vêtements déformés, il peut ne pas prendre soin de son intérieur ou de lui-même.
  • Il se nourrit mal, le masochiste manque d’amour et d’estime pour lui, il n’apporte donc pas de bonnes choses à son corps, il peut sauter des repas, finir les fonds de placard, se contenter de chips en guise de dîner, ne pas avaler un seul fruit pendant des mois, boire du soda à la place de l’eau, etc.
  • Le masochiste est dans l’excès, il alterne les périodes où il travaille trop, puis les périodes où il ne fait absolument rien, il fume trop, il boit trop, ou mange trop, etc.. Il développe souvent des dépendances nocives pour son corps qui le maintiennent dans ce manque d’amour.
  • Il attire souvent des situations qui lui font honte, il a honte de mal se nourrir, il a du mal à en parler, il peut tomber devant tout le monde, se tâcher, trouer ses vêtements, etc.
  • Il ne s’occupe pas de ses propres problèmes, ce qu’il à régler, il dit qu’il n’a pas le temps mais il s’arrange pour être libre et s’occuper des autres. Sa propre vie est moins importante que celle des autres.
  • Le masochiste peut vite se retrouver dans une situation de couple qui le fait souffrir, la souffrance psychologique est ce qu’il a connu lorsqu’il était enfant, il reproduit donc ce type de rapport dans sa vie personnelle. Il peut subir des critiques, des moqueries, de la méchanceté gratuite, des humiliations en public ou non, et ce pendant des années, sans y mettre un terme. Il pense qu’il est la source du malheur de l’autre et qu’il peut peut-être faire quelque chose pour arranger les choses, il culpabilise chaque fois que son partenaire l’accuse ou le blâme. C’est parce qu’il est persuadé de ne pas mériter mieux qu’il reste, et non par amour ( même s’il aime se servir de cet argument ).
  • La culpabilité et la peine sont ses faiblesses, il a du mal à se séparer de quelqu’un parce qu’il a peur qu’il ne se débrouille pas bien sans lui, qu’il soit mal ou qu’il souffre. Ces deux sentiments font qu’il reste dans des situations qui l’étouffent, il ne veut pas blesser l’autre.
  • Il souffre d’un gros manque de confiance en lui, il est persuadé que tout le monde est mieux que lui, il passe son temps à se comparer, il développe un complexe d’infériorité.
  • Comme il est persuadé d’être un poids, un boulet pour son entourage, il développe un corps qui prend trop de place.
  • Il est très sensuel et fusionnel, il peut s’accrocher très rapidement à quelqu’un et a du mal à se détacher, il pense qu’il ne retrouvera pas mieux et que la personne en face lui fait une fleur en étant avec lui.
  • Il compense avec la nourriture, il éponge ses émotions en mangeant, surtout des aliments riches en gras. Il est enclin à faire des crises de boulimie.
  • Il ne prend pas soin de son corps, fait rarement du sport.
  • Psychologiquement, il se punit. S’il est en colère contre quelqu’un, il peut se venger en faisant une crise de boulimie, ou en fumant une paquet entier de cigarettes.
  • Il se sent toujours débordé, ne prend pas de temps pour se faire plaisir, s’il s’y autorise, il en a honte.
  • Il a peur d’être jugé, il a peur que les gens se rendent compte qu’il est dans l’excès, peur d’être critiqué sur son apparence. Il attire souvent des situations où on lui fait des réflexions sur son physique, en public.
  • Il a peur de laisser tomber ses proches, peur qu’on le trouve égoïste s’il s’occupe de lui, il a peur d’être indigne de sa famille, de son employeur, etc. Il va donc se convaincre que tout ce qu’il fait pour les autres lui fait plaisir, il est incapable de voir qu’il ne s’occupe absolument pas de lui, si on lui fait remarquer, il niera et expliquera qu’il trouve son plaisir dans le don de soi. Il oublie juste qu’il est également dans l’excès de générosité, il doit rétablir un équilibre. Il ne sait pas dire non.
  • Il trouve des excuses à ceux qui l’humilient ou le blessent. « Oui mais le pauvre… »
  • Il a du mal à exprimer ses besoins et ses envies, à faire ses demandes, il ne veut pas déranger ou être en poids en plus pour l’autre.

Si tu te retrouves dans ces caractéristiques, c’est que tu as une blessure d’humiliation et un profil de masochiste, je te conseille de travailler sur toi afin de te libérer de cette blessure qui gâche ta relation aux autres. Voici quelques conseils :

Prends une feuille et note toutes les caractéristiques qui te correspondent dans ce que je viens de décrire. Dresse ensuite la liste de toutes les humiliations que tu as vécues étant enfant, adolescent ou adultes ( moqueries, situations qui t’ont fait honte, etc. ) La guérison passe par la compréhension et la prise de conscience de tes comportements. Pas la peine d’essayer de changer dans un premier temps, il faut juste accepter et comprendre pourquoi tu as été construit comme cela. Tu peux noter aussi si un de tes parent se comporte de la même manière, tu verras alors que les blessures sont généralement transmises de génération en génération. C’est ce qu’on appelle le transgénérationnel.

Comme tu es masochiste, tu vas t’en vouloir d’être masochiste et avoir honte de toi, attention à ne pas tomber dans le panneau, en faisant cela, tu continues à te dévaloriser et de te détester. Tu dois simplement accepter d’être comme ça, et c’est seulement en t’aimant comme tu es que tu t’amélioreras.

Tous les soirs ( ou le plus souvent possible ) tente d’écrire comment tu as agi dans la journée en fonction de tes défauts. Ne te juge pas, note juste comment tu t’es comporté, tu remarqueras alors que tu traites les gens comme on te traite. Souvent le masochiste humilie également ses proches d’une certaine manière. Tu dois apprendre à te remettre en question.

Parle uniquement de toi et non de ce que les autres t’ont fait, si tu as besoin de te défouler, fais-le mais tente ensuite de comprendre sur quoi leur comportement te fait miroir par rapport à tes propres agissements.

Fais de même pour les choses positives que tu as faites, dites ou pensées, dis-toi que tu es fier de toi. Pas la peine de tenter d’arrêter de t’ auto-critiquer, il faut simplement trouver un équilibre entre tes pensées envers toi-même qui te dévalorisent et celles qui reconnaissent tes qualités, sans tomber dans le narcissisme.

Répète ces phrases le plus souvent possible ( au moins 2 fois par jour ) :

J’aime mon profil de masochiste, j’accepte mon profil de masochiste, je pardonne à mon profil de masochiste car j’ai été construit comme ça, il est dû à ma blessure d’humiliation, et j’avance.

J’accepte mes faiblesses et mes imperfections car je suis humain et imparfait, je m’exprime, je libère mes émotions, je m’affirme, j’ai confiance en moi et en mes capacités, j’accepte de me faire aider et soutenir, de faire mes demandes, exprimer mes désirs, je prends ma place, je profite de la vie, j’apprends à me faire plaisir, à m’apporter de l’attention et de l’amour, je suis fier de moi et de mon désir d’évoluer, je suis généreux avec les autres et avec moi-même, j’accepte l’échec et le voit comme une épreuve à surpasser, je m’apprécie pour ce que je suis, je suis aimé et accepté, je mérite le respect, je mérite l’amour, je respecte mon corps et lui apporte des bonnes choses. Aide-toi avec la méthode d’auto-suggestion.

Fais la liste de tout ce que tu veux changer, dans tes traits de personnalité, ce que tu veux devenir, ce que tu aimerais faire, quel problème aimerais-tu effacer, note tout sous forme positive : je vais m’apporter plus de temps pour moi, je vais être plus expressif, je vais faire du sport, par exemple…

Et relis cette liste régulièrement, visualise ces situations ou ces comportements, que t’apporteraient-ils, ferme les yeux, mets une musique et prends 10 min pour imaginer un futur agréable et imaginaire , réitère l’expérience le plus souvent possible ( bus, train, wc, bain, salle d’attente…)

Tu dois absolument apprendre à te poser dans tes pensées, à « être », et à arrêter de « faire ». Ce petit exercice te permettra d’être plus positif, de t’occuper de ton mental quelques minutes, de te poser et d’arrêter d’agiter ton esprit et de t’apporter de l’attention. Aide-toi avec la méthode de la visualisation.

N’oublie pas qu’on reproche aux autres ce qu’on se reproche à soi-même, si tu les accuses de t’humilier en public régulièrement, de te faire des réflexions ou de te dévaloriser, c’est que mentalement tu te comportes de la même manière avec toi-même. Tu dois absolument changer ta façon de penser et ça ne peut se faire qu’en utilisant le renforcement positif. Complimente-toi le plus souvent possible, au début tu n’y croiras pas, tu te diras «  je suis beau » ( ouais c’est ça…) Mais c’est pas grave, à force de le répéter, tu vas changer tes schémas de répétition mentaux, car si tu te détestes autant, c’est qu’on t’a construit avec ce genre de phrases étant petit, tu dois te reconstruire d’une autre manière.

Tu dois également prendre du temps pour t’occuper de ton corps. Au début, tu vas vouloir te mettre à faire du sport, mais tu auras la flemme ou tu manqueras de temps, n’essaye même pas de t’y remettre, fais juste un exercice simple, choisis une activité qui te plaît ( footing, musculation, piscine, danse..) et visualise-toi en train de la faire. Fais-toi un petit film qui dure une minute où tu t’habilles, tu te déplaces, tu fais ton activité, tu reviens, tu te laves et tu te changes. Ça va suffire à programmer ton cerveau pour te remettre au sport. Si tu le fais tous les jours, tu verras que naturellement, un jour, tu vas te lever et aller enfiler ta tenue pour te remettre tout doucement au sport. Attention à ne pas tomber dans l’excès dès le départ, reprends progressivement et par petites doses.

Fais le même exercice pour la nourriture, si tu manges trop de sucre et de cochonneries c’est parce que tu t’es habitué et programmé à ce type de nourriture. N’essaye pas de changer tes habitudes dans un premier temps, accepte que tu es comme ça et à chaque fois que tu auras envie de sucre, ton mental va t’envoyer une image de douceur, ferme juste les yeux 2 secondes et imagine à la place des fruits ou des légumes que tu aimes; puis mange ce qui te fait envie. Petit à petit, tu vas voir que tu vas vouloir insérer des aliments plus sains dans ton alimentation, le tout est de retrouver un équilibre, lentement mais sûrement et non de se restreindre et de faire des régimes draconiens, puis de te remettre à te goinfrer. Tu peux lire alimentation et visualisation.

Si tu fais des crises de boulimie, note le soir qu’est-ce qui a déclenché cette crise, c’est généralement une colère ou de la culpabilité envers toi-même. Tente juste de faire le lien.

Le masochiste a besoin de s’apporter de l’amour et de l’attention, la seule chose que tu aies à faire est de te bercer de phrases tous les jours, de les lire, les relire, de visualiser un futur positif où tu retrouves un équilibre alimentaire, physique, etc. et t’inonder de compliments.

Trouve un moyen d’expression, art, écriture, chant, danse, pour débloquer tes problèmes de communication.

Lâche prise, personne n’est parfait, la vie est imparfaite, et il y a certaines choses sur lesquels on ne peut pas avoir de contrôle. Tu dois travailler sur ta culpabilité, ce sentiment ne fait pas avancer et on ne peut pas aider tout le monde, la seule chose que tu peux changer c’est toi-même, et comme on crée notre vie avec nos pensées et nos comportements, deviens positif et serein et tu verras que de bonnes choses t’arriveront. Accepte de recevoir des cadeaux et des surprises de la vie. La méthode des 5 dimensions, Ho’oponopono et la méditation peuvent également t’aider.

 

Juliette Vinay

 

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