Neurosciences : peut-on vraiment être heureux ?

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Le bonheur est-il une aptitude innée, inscrite dans les gènes qui définissent nos capacités à rebondir après un échec, à aimer la nouveauté, à fuir le danger et la négativité ? Ou bien, est-il dû à notre environnement, notre construction psychologique et les évènements qui ont constitué notre petite enfance ? Ou encore, est-ce le résultat d’un style de vie et d’habitudes mentales que l’on adopte une fois devenu adulte ? Plusieurs chercheurs se sont penchés sur la question, et la réponse serait : dans les 3 ! 

Petit récap de Bio

Le corps humain est composé d’environ 60 milliards de cellules. Une cellule est elle-même composée d’un noyau qui contient les chromosomes. Les chromosomes sont faits de molécules d’ADN, c’est le support de l’ensemble des gènes, appelé « le génome ». Chaque gène est donc un morceau de l’ADN, qui est traduit en protéine et chaque protéine a une fonction précise dans notre corps. Les gènes sont donc une sorte de code du fonctionnement de notre organisme, de la structure de notre corps ( le fait d’avoir 2 bras et 2 jambes par exemple ), nos organes, la couleur de nos yeux, de nos cheveux, la prédisposition à certaines maladies génétiques, les dosages dans les sécrétions d’hormones, etc. L’être humain en possède plus 25000. Chaque gène est disponible en plusieurs formes ou « allèles » : par exemple, le gène qui code pour la couleur des yeux a plusieurs allèles ( bleu, vert, marron…)

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Le bonheur est génétique

D’après les scientifiques, notre aptitude au bonheur serait en partie génétique. Le bonheur est une sensation, chaque fois que l’on ressent du bonheur, différentes hormones sont sécrétées par nos glandes endocrines. Les gènes responsables de ces sécrétions sont donc impliqués dans notre capacité à éprouver un certain degré de bonheur. Ces capacités nous ont été transmises par nos parents ( 50% d’origine paternelle, 50% d’origine maternelle ).

Philip Gorwood ( unité des troubles psychiatriques de l’hôpital Saint-Anne à Paris ) a découvert le gène 5HTT, impliqué dans la sécrétion de la sérotonine. C’est une hormone responsable de la sensation de bien-être. Ce gène existe en 2 exemplaires : allèle courte et allèle longue. Ceux qui possèdent l’allèle longue ont une sécrétion de sérotonine 3 fois supérieure à ceux possédant l’allèle courte ( qui sont donc plus sensibles à la dépression ).  

En réalité, chaque comportement que nous avons ( notre capacité à s’adapter au changement, à rebondir après un échec, à s’éloigner des situations dangereuses, et donc, à se sentir heureux quelles que soient les situations dans lesquelles nous nous trouvons ) est programmé dans les gènes. Mais cet héritage génétique est-il immuable ? Détermine-t-il toute notre vie sans que nous puissions en changer ? 

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Le bonheur est épigénétique

Et bien non, car ce package génétique de base peut être modifié, c’est ce qu’on appelle les modifications épigénétiques. L’épigénétique représente l’ensemble des mécanismes moléculaires capables de transformer le jeu reçu héréditaire reçu à la naissance, en changeant la manière dont les gènes vont s’exprimer. Et ces changements sont dus à notre environnement. En effet, l’épigénétique est une des grandes découvertes de ces 5 dernières années car elle prouve que les évènements qui se déroulent durant notre petite enfance essentiellement – mais également tout au long de notre vie – peuvent modifier notre patrimoine génétique. 

Le docteur Gorwood et son équipe ont réalisé des expériences sur des rats qui ont été séparés de leur mère dès la naissance. Ils se sont aperçus que leurs gènes ( aux allèles longues ), censés produire un bon taux de sérotonine adéquat, fonctionnaient moins bien. Du coup, les rats était beaucoup plus stressés que ceux qui avaient reçu l’amour de leur génitrice. Preuve que les comportements de nos parents ( stressés, agressifs, absents, dépressifs, etc. ) font partie de la construction neurologique et biochimique de notre aptitude au bonheur. 

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Le bonheur est mental

Vous allez me dire : mais que fait-on si notre génome est porteur de la mauvaise version des gènes et que notre petite enfance n’est pas glorieuse ? Peut-on modifier ce bagage de départ ? Et bien oui, aujourd’hui, les chercheurs en sont convaincus. Se créer un environnement propice au bonheur, cultiver la pensée positive et la sérénité modifie le génome et la chimie de notre corps. Le sport, la médiation, la thérapie, la visualisation positive et l’alimentation sont des facteurs qui jouent en la faveur du bonheur et on un impact sur nos taux hormonaux et nos constructions comportementales et neuronales. 

Selon une étude réalisée au CNRS de Paris, lorsqu’on pense aux souvenirs positifs ou qu’on imagine un avenir favorable, les hormones sécrétées ( dopamine, sérotonine, acétylcholine…) et les zones du cerveau activées permettent de fournir tous les efforts pour obtenir quelque chose. L’hippocampe est activé pour construire une représentation future, le cortex préfrontal ventromédian est stimulé et associe ces images à la sensation de bien-être, et le striatum traduit les infos en désir. 

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Conclusion

Cultiver le bonheur rend donc heureux et penser positif permet de se mettre en action pour… créer son bonheur ! 

Le bonheur est donc possible, quelque soit notre héritage, notre conditionnement et notre passé. Mais ça ne nous tombera pas dessus un beau matin, faut pas rêver, et ça ne viendra pas non plus des autres, ou des situations extérieures. Il faut travailler quotidiennement pour parvenir à modifier nos habitudes mentales, créer un environnement propice au calme et à la détente, et avoir une hygiène de vie irréprochable. Alors… on attend quoi ? 

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Juliette Vinay

Source : « Sciences&Vie »

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