L’égo est un serpent qui se mord la queue

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Rassurez-moi, ça vous est déjà arrivé d’avoir une patate d’enfer, de vous lever le matin, de voir la vie en rose, de vous sentir gonflé d’un vent de motivation qui souffle dans votre dos tout au long de la journée, et de vous lever le lendemain matin en ayant l’impression d’être passé sous un rouleau compresseur durant la nuit qui aurait écrasé la moindre once de joie et de bonne humeur, à tel point que vous ne vous souvenez même plus que vous ayez été positif un jour dans votre vie ?

Pour ma part, j’ai passé le plus clair de mon existence à être ballotée entre ces deux vents contraires, comme si la vie avait décidé de me faire une blague et de souffler dans des directions différentes suivant les jours et de voir si j’allais être capable de marcher droit.

Equilibre émotionnel ? Connais pas...

Quand je lisais des bouquins qui faisaient référence à un « équilibre émotionnel », le concept me faisait rêver. Un peu comme quand on regarde un magazine de mode qui affiche des fringues magnifiques au prix exorbitant, et qu’on sait pertinemment qu’on a pas les moyens de s’offrir ne serait-ce qu’une chaussette de cette marque.

Et bien le concept d’équilibre émotionnel me faisait cet effet. J’essayais d’imaginer les gens qui passaient leur journée en oscillant légèrement entre spleen et bonne humeur, comme les enfants qui s’amusent à sauter légèrement d’un pied sur l’autre en chantonnant en même temps. Pour moi, les vacillements partaient plutôt du stade dépressif-mal-dans-sa-peau-en-colère-contre-la-terre-entière-et-envie-de-se-pendre-à-son-rideau-de-douche au stade exaltation-tout-le-monde-est-beau-je-suis-la-meilleure-vive-la-vie !

Entre les deux ? Y avait la nuit ! Le seul instant de calme ou de semblant d’équilibre émotionnel que je pouvais ressentir c’est quand j’étais profondément endormie.

Que dieu bénisse la nuit et ces moments où on prend des vacances de soi-même.

Peut-être bipolaire

Un jour, j’ai lu un article qui parlait de bipolarité et mes poils se sont hérissés.

J’ai décidé d’aller consulter un neuropsychiatre qui m’a fait passer un test pour voir si j’étais bipolaire. Résultat de l’examen : « pas du tout, tout va bien mademoiselle ». J’ai payé 50 euros pour le bilan et je suis rentrée chez moi encore plus dépitée.

Ok, je suis une femme me direz-vous et d’après les études en neurosciences, la biochimie de notre cerveau est constamment bouleversée, ce qui influe sur nos humeurs. Mais ces changements hormonaux concernent les périodes de règles, ou d’ovulation. Dans mon cas, j’avais l’impression de passer une journée en syndrome pré-menstruel et le lendemain en syndrome prise-de-cocaïne.

J’ai passé 10 ans à passer de cabinet en cabinet de professionnels, sans voir le moindre changement dans mes comportements. Jusqu’à la rencontre avec Christine, une psychothérapeute.

Comment fonctionne votre égo ?

Lors de la première séance avec Christine, elle m’a écouté lui résumer le problème, et en moins de 3 min, elle m’a coupé la parole et elle m’a demandé «  vous savez ce que c’est que l’égo ? »

Après 10 ans de thérapie et des dizaines de bouquins et articles avalés sur le sujet, bien sûr que je connaissais le concept de l’égo !

Elle a rétorqué «  alors, expliquez-moi : comment fonctionne le vôtre ? »

Et là, silence radio

Mon cerveau a beugué et si j’avais été dans une bande dessinée, j’aurais eu une bulle au-dessus de mon crâne avec un gros point d’interrogation rouge à l’intérieur.

Je connaissais les théories de l’égo, le concept de l’égo, je savais que ça avait un rapport avec le soi, que ça voulait dire « moi » ou « je » en latin, mais j’étais incapable de donner une définition personnelle du fonctionnement de mon égo.

Je suis ressortie de la séance complètement anéantie, prenant conscience qu’après tout ce chemin parcouru et toutes ces belles connaissances accumulées, j’en étais toujours à me poser les mêmes questions : pourquoi je me comporte comme ça ? Qu’est-ce qui va pas chez moi ?

L'égo crée des problèmes et essaye de les résoudre

Mais Christine avait planté une graine dans mon cerveau. Cette graine, c’était une question. Et j’étais loin de me douter que cette minuscule graine allait devenir une plante, qui deviendrait ensuite un arbre, rempli de réponses à mes questions.

« Comment fonctionne mon égo ? »

Cette question allait tourner presque à l’obsession pendant les années à suivre. Cette question est devenue mon sujet de conversation favori, mon leitmotiv, ma quête du Saint-Graal. Oui, en rentrant de ce rendez-vous, j’ai enfilé mon armure de chevalier et je suis partie à la recherche de réponses concrètes.

La première réponse que j’ai trouvé en chemin, c’était celle-ci : j’ai un égo et il me casse les bonbons, il est la cause de mes changements d’humeur qui sont la cause de centaines de problèmes dans ma vie, problèmes relationnels, personnels et professionnels, et ces problèmes dans ma vie ont un impact sur mes humeurs, et mes humeurs ont un impact sur mes problèmes…

Bref, l’égo, c’est un serpent qui se mord la queue : il crée des problèmes qu’il essaye ensuite de résoudre.

Y avait plus qu’à trouver comment sortir de ce cercle vicieux…

Juliette Vinay

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