L’égo est un reptile

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Notre cerveau est composé de trois parties majeures qui se sont construites au cours des millénaires : le paléo cortex → aussi appelé cerveau reptilien, héritage de l’époque où nous étions des reptiles, le méso cortex → qui date de notre passé de singes et d’hommes préhistoriques, et enfin le néo cortex → formé récemment, en lien avec le développement de notre capacité à créer, imaginer et « être en conscience ».

La fuite et le combat

Le paleo cortex est donc la partie la plus ancienne mais aussi la plus primitive de notre cerveau, et il est lié à notre instinct de survie. L’instinct, c’est un peu grâce à lui qu’on ne s’est pas laissé bouffer bêtement par d’autres animaux, qu’on est pas morts en se jetant des falaises, qu’on savait qu’il fallait se nourrir, et surtout, se reproduire pour que l’espèce continue à exister.

La nature, qui fait bien les choses, nous a doté de deux réactions qui nous ont sauvé la vie plus d’une fois en cas de danger : la fuite et le combat. Ces deux réactions ancestrales sont programmées biologiquement en nous et ce sont les deux comportements préférés de l’égo.

Ces réflexes sont déclenchés par le stress. Le paleo cortex interprète une situation stressante comme un danger pour notre vie, et comme l’égo a des lunettes déformantes sur le nez et qu’il a une fâcheuse tendance à exagérer n’importe quelle situation, et bien il utilise ces 2 comportements de manière abusive et un peu trop souvent.

Le crocodile

Quand j’étais au lycée, j’avais une copine qui s’appelait Stella. Je me souviens d’une fois où une nana nous cherchait des noises alors qu’on s’amusait en boîte de nuit ; alors qu’on dansait tranquillement avec Stella, elle nous jetait des glaçons, ricanait avec son amie, nous montrait du doigt, etc… Jusqu’à ce qu’elle se lève et s’approche de nous. Elle avait l’air assez agressive et remontée, et, en une fraction de seconde, j’ai vu Stella foncer sur elle. L’égo de Stella avait vu rouge, les ampoules du danger avait clignoté dans sa tête pour donner l’alerte. Avant que j’ai eu le temps de faire quoi que ce soit, ma copine avait balancé un coup de poing dans le nez de l’agresseur et l’avait projeté, pour ensuite disparaître dans la foule, me laissant seule, stupéfaite.

Vous avez déjà vu des documentaires sur les crocodiles ? Ils sont là, pénards, dans leur marre, leurs yeux dépassant à peine de la surface de l’eau. Et d’un coup, ils se jettent sur leur proie, la gobe et retournent barboter. Et bien, quand vous démarrez au quart de tour, quand vous vous mettez d’un coup en colère, ou encore que vous envoyez balader les objets ( ou que frappez quelqu’un ), et bien c’est un coup de votre paléo cortex, de votre égo, qui a enfilé son costume de crocodile.

La couleuvre 

Dans les cas de réactions de fuite, la fuite peut être physique, mais elle peut être aussi synonyme de silence, ou de paralysie. Certains animaux se servent de cette tactique pour faire croire aux prédateurs qu’ils sont morts et qu’ils feraient mieux de passer leur route. Ce comportement s’appelle « la thanatose ». Les couleuvres, si elles sont dérangées, s’étendent le ventre tourné vers le haut, ouvrent la gueule et relâchent un liquide malodorant qui simule l’odeur d’un cadavre. Berk !

Chez les humains, certaines situations stressantes font paniquer l’égo qui appuie sur le bouton stop dans notre tête et nous immobilise. Ça vous est déjà sûrement arrivé de vous faire agresser verbalement ou physiquement et de rester bouche-bée … Ou encore de bouder pendant des semaines après une dispute… Ou bien de partir en plein milieu d’une conversation qui vous mettait mal à l’aise, vous stressait ou vous agaçait tout simplement… Et bien, toutes ces attitudes font partie du mécanisme de fuite. Pour le coup, c’est votre égo qui se déguise en serpent et qui se met à faire le mort pour qu’on arrête de l’embêter.

Mais rester silencieux, bouder, ou prendre ses jambes à son cou, nous empêche de régler de manière « adulte » les conflits, qui reviendront pointer le bout de leur nez un jour ou l’autre. C’est comme lancer un boomerang alors qu’on veut s’en débarrasser, il vous reviendra à un moment ou un autre en pleine face.

Une alarme à incendie

Lorsque notre cerveau détecte une situation dangereuse, une région appelée « hypothalamus » va envoyer un message chimique à la glande pituitaire, qui avertira à son tour les glandes surrénales, qui vont se mettre à fabriquer du cortisol et de l’adrénaline. Le cortisol est une hormone qui va stimuler le taux de glucose (sucre) dans le corps, ce qui va permettre à l’organisme de libérer une grande quantité d’énergie, au cas où on aurait besoin de partir en courant, ou de se battre. L’adrénaline quant à elle, permet d’augmenter le rythme cardiaque, soit pour faire face à un danger, soit pour réussir une activité physique ( compétition sportive, cours de danse, etc. )

L’hypothalamus est responsable du déclenchement du stress, mais il est aussi censé rétablir le calme et maintenir l’équilibre de l’organisme. S’il est mis trop souvent à l’épreuve, quand trop de choses provoquent un stress dans notre quotidien, il se fatigue et n’assure plus son travail correctement, l’organisme a donc du mal à relâcher la pression et on reste tendu en permanence. En gros, ce serait comme une alarme à incendie qui s’est activée des centaines de fois qui continue de biper continuellement alors qu’il n’y a plus de feu pour le moment.

Faîtes comme le lézard

Seule solution pour parvenir petit à petit à modifier ces comportements ancestraux : apprendre à gérer son stress. Des centaines d’articles, bouquins et magazines vous donneront de super conseils en la matière, pour ma part, voici ce que j’ai mis en pratique et qui m’a permis de me calmer et de rétablir des rapports relationnels plus détendus : l’année dernière, je travaillais dans le milieu artistique parisien, j’étais stressée, paniquée, angoissée et fatiguée en permanence. J’ai donc quitté Paris, je suis partie reprendre mes études dans le sud, où il fait bon vivre. Je me suis mise au yoga et à la pôle dance, j’ai repris les footings et la natation, bref j’ai utilisé le sport pour relâcher la pression. J’ai médité, un quart d’heure par jour. J’ai acheté un cahier que j’ai intitulé « le cahier de la gratitude » et j’ai noté tous les jours 3 choses positives qui me sont arrivées dans la journée. L’huile essentielle de lavande est devenue ma meilleure amie. J’ai changé d’alimentation, arrêté de manger de la viande ( bourrée de cortisol ), les sodas, les bonbons, les fast-foods, l’alcool… J’ai privilégié les fruits et légumes et les aliments anti-stress.

Mais le plus important, j’ai appris à faire comme le lézard : farniente ! Dès que je peux, je prends le soleil quelques minutes, et dès que je me sens sous pression, je stoppe tout, je m’allonge et je lézarde pendant un quart d’heure, histoire de détendre mon égo.

Juliette Vinay

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