L’égo est un pot de colle

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S’engluer dans des situations, agréables ou non, ça, l’égo sait y faire.

Et pour cause, l’égo est relié à un fonctionnement psychologique qui déteste le changement, la nouveauté, les aléas.

Voyons ça d’un peu de plus près.

L'égo est une araignée 

L’égo est un mécanisme psychologique qui apparaît dans notre psyché pour compenser les manques d’attention et d’affection. Ces manques vont creuser des trous dans notre être, et l’égo s’insère dans les trous. Son but est de trouver des solutions pour récupérer l’attention et la présence de nos proches. Pas étonnant qu’il développe donc une tendance à « coller aux miches » de notre entourage.

L’indépendance, le lâcher prise, la liberté… Pour l’égo, c’est compliqué. Laisser les autres être libres de leurs mouvements, c’est prendre le risque qu’ils nous quittent définitivement et qu’on se retrouve seul avec nos trous.

Sa solution c’est donc le contrôle, inconscient bien sûr. ( Rappelons que les agissements de l’égo sont reliés au cerveau et donc, à notre inconscient. Il est très rare d’avoir conscience de ces comportements, sauf après des années d’introspection. ) Et pour être sûr de garder son entourage le plus près possible de lui, il va donc tisser des fils d’amour autour des gens qui l’aiment. Ainsi, s’il sent qu’ils s’éloignent, il n’aura qu’à tirer sur les fils pour les ramener près de lui. Un peu comme une araignée autour de sa proie.

Comment il s’y prend ? Et bien, par la manipulation inconsciente :

  • Donner beaucoup d’amour, presque trop. Un amour étouffant, peut induire un sentiment de « redevoir » chez certaines personnes. L’égo peut jouer sur cette impression en lançant des phrases du style : «  Après ce que j’ai fait, tu me dois bien ça… » ou encore «  C’est pas sympa de me faire ça alors que moi j’ai fait tant de choses pour toi… »
  • Critiquer, juger, reprocher. Ces trois leviers lui servent à affaiblir psychologiquement ses proies. Un esprit qui reçoit beaucoup de reproches est soumis à la culpabilité, et la culpabilité est un poids qui nous paralyse et nous empêche de nous libérer.
  • La peur. Menaces et chantage sont des bons leviers de manipulation également. La peur paralyse autant que la culpabilité.
L’égo est une enclume

Relié à notre cerveau, l’égo est un simple fonctionnement physique, basé sur notre vécu et ce que nous avons appris durant notre vie. Il a été façonné en observant les gens qui nous entouraient, mais il est également construit sur des schémas de pensées issus de notre culture et notre société.

Lorsqu’on entreprend un chemin en développement personnel, on se rend compte que certains schémas ne sont pas alignés avec ce que nous sommes au fond, et nous décidons alors de changer de mode de fonctionnement. Oui, mais voilà, l’égo ne veut pas. Enfin, plutôt, il ne peut pas. Puisque, comme un ordinateur programmé pour fonctionner d’une certaine manière, la nouveauté et l’inconnu est quasiment impossible pour lui.

L’égo préfèrerait que nous restions dans des situations ( personnelles, professionnelles, sentimentales, comportementales ) certes désagréables, mais connues. Alors nous nous accrochons aux gens, aux contextes, aux lieux, à nos propres agissements.

L’évolution passe par le lâcher prise, mais l’égo est plutôt du genre à créer des sentiments comme la nostalgie, l’anxiété, ou la culpabilité, afin de réaliser son but : rester collé aux habitudes.

Et c’est bien là le problème majeure de l’égo : il n’accepte pas les changements, alors que le monde est, par nature, en perpétuel mouvement. D’où la célèbre loi physique : «  Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. »

D’après le Bouddha, ce serait justement la cause de la souffrance des êtes humains : la non acceptation du mouvement de la vie. Par exemple : ce n’est pas la séparation qui nous fait mal, c’est le fait de ne pas accepter que notre vie change.

L’égo est une enclume qui refuse de bouger au milieu d’une tempête, et cette tendance est la source de nos maux de l’âme. Car elle crée une dépendance en permanence : aux drogues, aux gens, mais aussi aux situations immuables, aux idées fixes… Cette dépendance est une illusion, car tout est en mouvement, on peut se droguer puis s’arrêter, être à côté de quelqu’un, puis ne plus l’être, changer de métier, changer de façon de penser, etc.

Conclusion

Reprogrammer son cerveau c’est possible, oui mais de quelle manière ?

Lâcher l’égo c’est lâcher son côté pot-de-colle et accepter que tout soit en perpétuel mouvement, que les êtres humains évoluent, que les saisons se succèdent, que la mort vienne après la vie.

En ce sens, si vous utilisez des méthodes comme l’auto-suggestion, la visualisation ou la méditation, ce sont les notions d’acceptation et de lâcher prise qu’il faut travailler en priorité, dans le but d’accepter d’être dans une espèce de grande machine à laver, qui nous fait tourbillonner au milieu des émotions, des aléas, des gens que nous croisons puis que nous perdons.

C’est là, pour moi, le but du développement personnel. Oui, on peut renforcer notre estime de soi et définir nos objectifs professionnels, mais le véritable but, c’est d’apprendre la souplesse, l’adaptation et l’acceptation. C’est ainsi qu’on naviguera sur l’existence avec moins de souffrance. C’est également ce que nous a enseigné le Bouddha, en faisant un lien direct entre l’attachement ( le côté pot-de-colle de l’égo aux choses ) et la souffrance.

Juliette Vinay

 

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