L’égo est un comparateur de prix sur internet

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«  Elle a des plus beaux yeux que moi. » « Je suis meilleur que lui en math. » « Il gagne 200 euros de plus que moi. » « Les hommes courent plus vite que les femmes. » « Les femmes sont plus expressives que les hommes. » « Il est plus bavard que mon ex ». « Mon nouvel appartement est plus grand que l’ancien ». « Les copains du vestiaire de foot en ont une plus grosse… »

L’égo est un spécialiste de la comparaison, il compare les gens, les situations, les vêtements, le nombre de rides autour des yeux, le matériel… Bref tout ce qui lui passe sous la main !

Lorsque vous regardez vos cheveux dans le miroir, l’égo va se mettre à les comparer avec sa base de données, ils sont plus raides que ceux de ma meilleure amie, ils sont plus courts que ceux de ma mère, ils sont moins souples que ceux du mannequin dans la pub L’Oréal, etc. Un peu comme un comparateur de prix sur internet ; vous rentrez le nom d’un produit et il va balayer le net et les sites marchands pour savoir qui a le meilleur rapport qualité / prix. Comparer des objets et des situations n’est pas dramatique, mais là où ça devient problématique c’est lorsqu’il tente d’évaluer quelle personne a le meilleur rapport qualité / vie.

Perfectionnisme et insatisfaction chronique 

Comparer le physique, les traits de personnalité, les habits est un de ses sports favoris, et il s’y adonne plusieurs fois par jour. On aurait tendance à penser que c’est une attitude mentale typiquement féminine mais ne vous y trompez pas, ces messieurs s’y prêtent plus souvent que vous ne le pensez. Mais là où les femmes vont comparer de manière qualitative: qui est la plus belle, qui est la plus intelligente, qui est habillée le plus tendance… Les hommes, eux, vont plutôt s’attacher au quantitatif : qui a la voiture qui roule le plus vite, qui a la paire de baskets qui coûte le plus cher, qui court le plus vite, qui gagne le plus d’argent…

Dans tous les cas, ces habitudes sont un symptôme, une conséquence d’une maladie qui touche des milliards d’êtres humains : l’insatisfaction chronique, ou comment ne jamais être content de ce que l’on a et vouloir toujours plus, toujours mieux, toujours autre chose. Je ne dis pas qu’avoir envie de s’améliorer, d’évoluer professionnellement, de partir plus souvent en voyage ou d’avoir une plus grande maison est une mauvaise chose, à petite dose, en fait, c’est même une très bonne chose. Avoir envie de mieux peut être synonyme d’ambition, de positivité, de foi en l’avenir et en soi. Le problème, c’est lorsque ces envies deviennent plus fortes que la réalité présente et empêchent de profiter du moment présent, et aussi de s’accepter comme on est. Au final, elles créent un sentiment de ne pas être à la hauteur et incite l’égo à nous dévaloriser.

 » Le perfectionnisme est une roue dans laquelle vous risquez de vous épuisez jusqu’à la mort « , a dit Elizabeth Gilbert. 

L’insatisfaction chronique est l’amie de longue date du perfectionnisme. Et le perfectionnisme est la conséquence d’un manque de confiance en soi. Et ce manque de confiance s’est créé petit à petit durant notre enfance. Il y a plusieurs sources : les parents qui comparent les frères et sœurs entre eux ; « tu devrais travailler aussi bien que ton frère », « ta sœur est bien meilleure que toi en Français. », ou bien qui ne félicitent jamais ou très peu les enfants des bons résultats. Ce type de comportement crée une tendance à construire l’image de soi en fonction des autres. Mais également les professeurs d’école et le système scolaire basé sur les notes, qui créent un esprit de compétition entre les élèves.

L’école, la société et la famille construisent notre psyché pour que nous soyons en perpétuelle compétition avec les autres, mais aussi, et c’est là la source de notre mal-être, en compétition avec nous-même.

L'égo starlette 

Il existe deux types de comparaisons : je suis mieux et je suis moins bien.

On pourrait penser que dans le premier cas, c’est un signe de super méga confiance en soi, et bien non. En fait, c’est aussi un signe de manque d’assurance totale. L’égo comble les manques affectifs, l’absence de compliments et de reconnaissance, qui ont laissé un trou béant dans la construction de notre personnalité. En fait, il fait ce qu’il peut pour boucher les trous mais il s’y prend mal. Un peu comme si on essayait de recouvrir une plaie avec un mouchoir en papier ; non seulement les chairs ne risquent pas de se refermer, mais en plus, la blessure risque carrément de s’infecter. L’égo essaye donc de colmater les manques, mais il ne fait qu’empirer les choses. Car les personnes les plus narcissiques, qui prennent les autres de haut en insinuant qu’ils sont mieux, font fuir leur entourage, ils agacent, ils blessent et au final, ils se retrouvent seul, continuent à manquer de paroles valorisantes. Ce type de comportement, je l’appelle « l’égo starlette ». Quand l’égo a décidé de se prendre pour une diva sortie de la cuisse de Jupiter, marche en roulant des fesses ou en regardant la foule du haut de son trône porté par ses sous-fifres, et éventée par ses serviteurs.

L’égo starlette est narcissique, c’est à dire qu’il a une image de lui-même déformée, exagérée, décalée et surtout, basée sur la comparaison avec autrui. Il n’est pas bien dans sa peau, non, il ne se sent bien que s’il a d’autres personnes qui sont moins bien autour de lui. Ainsi, il s’entourera généralement de personnes mois compétentes, moins belles, moins bien que lui pour se sentir rassuré en permanence. Et lorsque quelqu’un est meilleur ou égal à lui, il se sent en danger, peut devenir jaloux et montrer les crocs très rapidement. Il peut même utiliser critiques, reproches et moqueries pour faire baisser l’estime de la personne d’en face. Rabaisser les autres est le seul moyen qu’il a trouvé pour palier au manque de confiance en soi.

L'égo pelleteuse

Dans le deuxième cas, on se compare aux autres systématiquement, mais en se plaçant en-dessous cette fois-ci. Là encore c’est une illusion créée par l’égo, on a sans cesse la sensation que les autres sont mieux que nous, à tous points de vue. En réalité, ce n’est pas qu’ils sont mieux, c’est que notre égo focalise sur les différences qu’il existe entre chacun et les compare. Untel a des cheveux plus soyeux, untel est plus musclé, untel est meilleur en anglais, etc. Tout est passé en revue et toutes les raisons sont bonnes pour appuyer sur le bouton « je me déteste » ou « je suis nul ». C’est ce que j’appelle « l’égo pelleteuse », parce qu’il passe son temps à nous jeter de la terre à la figure, histoire de nous enfoncer de plus en plus dans le trou du manque de confiance, et au final, il nous fait sentir plus bas que terre, ou au 36ème dessous.

Toutes les réussites et les qualités de notre entourage nous ramènent constamment à nos échecs et nos défauts. Au lieu de prendre exemple sur ceux qui ont des atouts, quelque soit le domaine, ou de leur demander conseil pour s’améliorer, nous fixons sur ce que nous, nous n’avons pas. Ces attitudes mentales alimentent la jalousie, l’amertume, la déception et la haine de soi. On ne se sent jamais à la hauteur, on se demande même comment les gens peuvent s’intéresser à nous, ou nous aimer. On pense ne pas mériter l’attention et l’amour, et on peut aller jusqu’à bousiller nos relations ou notre vie scolaire / professionnelle ( inconsciemment ) pour s’entendre penser ensuite : « ben voilà, c’est bien ce que je me disais, je ne le mérite pas ! » Rappelez-vous, l’égo est un serpent qui se mord la queue, il crée des actions qui entraînent des résultats. S’ils sont négatifs, ça entraînera des pensées dévalorisantes qui engendreront des émotions négatives et le tout viendra renforcer le manque d’estime de soi.

Comme l’égo starlette, ces comportements viennent aussi des manques dans l’enfance, ces manques peuvent être dus à une absence d’attention, de compliment, ou de reconnaissance de la part de nos proches, mais surtout à cause de moqueries, de critiques ou de reproches auxquels on a eu droit durant notre enfance. Notre égo a donc construit une partie de l’image de soi sur la base de ces attaques verbales, et notre mental s’applique à reproduire ce qu’il a entendu. Ainsi, on perpétue la manière dont nous avons été traité, même lorsque les gens qui nous ont élevé ne sont plus à nos côtés en permanence.

Vous noterez également qu’au cours d’une même semaine, ou d’une même journée, on peut voir apparaître l’égo starlette et l’égo pelleteuse tour à tour. Il n’est pas impossible d’avoir les deux attitudes qui alternent, puisque les deux sont reliés au manque de confiance, qui en est la source.

En conclusion

Changer ses habitudes mentales est assez difficile mais pas impossible. En effet, nous pouvons modifier ou contrecarrer nos pensées. La première étape s’avère de prendre conscience des moments dans la journée où nous nous rabaissons, nous nous comparons, ou nous nous plaçons au-dessus des autres. La deuxième étape est d’essayer de changer la donne, lorsqu’une pensée de ce type survient, ne la chassez pas ou ne la jugez pas ( au risque de continuer à tourner dans la roue du perfectionnisme et de l’auto-jugement ), inversez simplement la vapeur en trouvant une nouvelle pensée plus juste. Exemple : « je suis vraiment nul » → « je fais juste de mon mieux et je suis humain, j’ai des défauts ».

Le manque de confiance vient d’un manque d’amour, le seul remède contre le manque d’amour, et bien c’est l’amour ! Aimez vos pensées, aimez votre perfectionnisme, aimez vos blessures et vos faiblesses. Répétez ces phrases régulièrement : « j’aime mon manque de confiance en moi, j’aime mes défauts, j’aime mon perfectionnisme, j’aime mon égo, j’aime mes pensées ». Nourri et comblé, l’égo se calmera par lui-même. Et enfin, vous pouvez renforcer également votre confiance en vous avec des méthodes comme l’auto-suggestion, la visualisation ou des exercices d’autocoaching. Vous trouvez des outils dans la rubrique confiance en soi de psycho2rue.

Juliette Vinay

égo
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