L’égo a des lunettes déformantes

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L’égo a plus d’un tour de passe-passe et un accessoire spécial : les lunettes déformantes.

Discrètement, en sifflotant l’air de rien, il va nous mettre les lunettes sur le nez sans que nous nous en apercevions, et ces lunettes vont totalement changer notre regard sur le monde.

Bien sûr, ça ne va pas changer les couleurs, les formes et les personnages, mais ça va modifier notre opinion, notre point de vue et nos ressentis sur une situation.

Les croyances

Les ressentis et les points de vue des parents nous sont transmis tout au cours de notre enfance. Chaque fois que nous avons entendu un proche émettre une opinion, cette opinion s’est insérée dans ce qu’on appelle « nos croyances ».

Si notre mère nous a répété que les hommes étaient tous des salauds et qu’il fallait s’en méfier, alors il y a de fortes chances qu’une méfiance inconsciente envers les hommes en général se soit glissée dans notre perception. Et vous pourriez avoir le prince charmant devant les yeux en chair et en os, les lunettes déformantes vous montreraient l’image d’un crapaud gluant.

Si votre père vous a répété que l’art c’est pour les tapettes, il y a tout à parier que vous aurez du mal à développer votre créativité.

Si vous avez vu vos proches se faire trahir par leurs amis, il se peut que vous soyez alarmé dès qu’un de vos collègues commet une erreur, et persuadé que cette personne va forcément finir par vous trahir vous aussi.

Si vous avez été abandonné ou délaissé étant enfant, il se peut que vous ayez l’impression qu’on vous laisse tomber dès que quelqu’un ne vous répond pas au téléphone pendant 24 heures.

Si vous avez été rejeté, vous avez sûrement l’impression qu’on rejette régulièrement vos idées, votre opinion. Vous êtes persuadé que les autres vous rejettent, mais vous voyez simplement la réalité d’une manière un peu déformée et exagérée.

Le problème des lunettes déformantes de l’égo, c’est que vous percevez le monde qui vous entoure à travers votre vécu et celui des gens qui vous ont élevé, à travers les valeurs et les opinions qu’on vous a transmis.

Les post-its

L’égo a une fâcheuse tendance, grâce à ses lunettes, à mettre les gens dans des cases. Il catalogue les personnes que nous rencontrons assez rapidement, et en se basant, là encore, sur notre vécu.

À la minute où vous faîtes une nouvelle rencontre, amicale, professionnelle ou sentimentale, vous êtes déjà en train d’observer, de juger et de coller des étiquettes sur le front de votre interlocuteur. On vous annonce : «  j’aime voyager », vous collez un post-it « personne instable ». On vous déclare : « j’adore le fast food », vous collez « manque d’hygiène de vie » sur sa joue. On vous dit « je n’ai jamais entendu parler de bouddhisme », vous interprétez de suite « manque d’ouverture d’esprit » et vous lui collez ça sur le bout du nez. Une femme qui aime prendre soin d’elle physiquement :  « Trop superficielle ». Un homme qui aime le foot : « glandeur ». Un ami qui croit à la vie après la mort : « bon à enfermer ».Une caissière peu aimable : « Manque d’éducation ».

À la longue, on colle tellement de post-it sur les personnes en face de nous, qu’ils finissent par recouvrir leur visage, à tel point que nous sommes incapables de voir qui ils sont réellement.

Moins de critique et plus d'ouverture

À cause de ses lunettes déformantes, l’égo juge, critique et déforme les gens et les situations qui l’entourent pour que ça puisse rentrer dans sa vision de la vie. Il pense qu’en mettant les gens dans des cases, il mettra un peu d’ordre dans ce monde sans dessus dessous. Et comme le dit Glennon Doyle Melton : « Vous n’êtes pas en pagaille. Vous êtes une personne sensible au milieu d’un monde en pagaille. »

L’égo fait ça aussi pour vous protéger d’une certaine manière et vous empêcher de revivre les drames du passé, les vôtres, et ceux de votre entourage. Sauf qu’en agissant comme ça, il finit par vous isoler du reste du monde et vous couper de l’amour et du partage. À la longue, ces attitudes mentales finiront par vous rendre malheureux car l’être humain est un animal social qui a besoin des autres pour partager, apprendre, ressentir des émotions et communiquer.

Alors rangeons nos post-its et nos lunettes déformantes au placard et montrons-nous moins critique et plus ouvert.

Juliette Vinay

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