La culpabilité

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La culpabilité est un sentiment humain et universel, qu’elle soit consciente ou inconsciente. Nous avons tous ressenti un jour ou l’autre des remords, des regrets, de la colère, de la déception, de l’embarras ou de la honte, une volonté de réparer ses erreurs, de l’empathie envers les victimes de nos actes et paroles, nous avons tous eu la sensation de ne pas mériter ce qui nous arrive, nous nous sommes déjà auto-critiqué, auto-jugé ou dévalorisé mentalement. Malheureusement, la culpabilité provoque des dégâts sur le plan physique et psychologique et nous empêche d’évoluer. 

La culpabilité et le corps

  • Les chercheurs et scientifiques ont prouvé que les causes de nombreux cancers sont émotionnelles, les trois émotions communes seraient l’angoisse, la colère et le sentiment de culpabilité. La culpabilité traduit une haine et une colère contre soi, généralement refoulée dans l’inconscient.

 

  • Les travaux du docteur Marc E. Lippman ont montré que les émotions créent des sécrétions d’hormones dans le cerveau, ces hormones vont ensuite voyager à travers le corps via les nerfs et agir sur notre système immunitaire, et donc être la source des maladies.

 

  • Les recherches sur la cause de la prise de poids et de ce qu’on appelle les « kilos émotionnels » ont également révélé que la prise de poids serait due au sentiment de culpabilité. Des chercheurs de l’université de Canterbury ont vérifié cette théorie en se livrant à une étude, ils en ont conclu que la culpabilité faisait grossir alors que le sentiment de prendre du plaisir en mangeant favorise au contraire la perte de poids.

 

  • Quant aux recherches sur les troubles alimentaires compulsifs comme l’anorexie ou la boulimie, elles prouvent là encore que ces troubles seraient liées au sentiment de culpabilité. Mais les études vont plus loin, elles expliquent que la culpabilité de manger serait une sorte de masque pour cacher une autre culpabilité en-dessous, plus profonde. Généralement, c’est la culpabilité d’avoir des fantasmes et des désirs sexuels à l’adolescence. 

 

  • 1 patient sur 6 souffrant d’un trouble alimentaire et de culpabilité aurait été agressé sexuellement, la culpabilité serait en fait due aux envies de meurtre face à l’agresseur et au sentiment de honte, d’être sale et coupable de ce qui leur est arrivé. Ces envies de meurtre sont refoulés dans l’inconscient et provoque des dysfonctionnements au niveau émotionnel et physique.

La culpabilité, mécanisme psychologique

  • Des études ont montré que la culpabilité favorisent les troubles obsessionnels du comportement, avoir des pensées ou des gestes qui reviennent en boucle. Le psychanalyste Freud a distingué deux types de culpabilité, une consciente et une inconsciente. Le patient peut prendre conscience de la source de sa culpabilité et s’en libérer facilement, mais il explique que : «  l’obstacle d’une culpabilité inconsciente (…) est reconnue comme le plus puissant de tous les obstacles qui mènent vers la voie de la guérison ». Dans le cas où nous ne sommes pas conscient que nous avons culpabilisé, il est donc très difficile d’évoluer et de se guérir.

 

  • Otto Fenichel, psychanalyste autrichien, souligne que les patients qui souffrent de culpabilité inconsciente réussissent à dévier la culpabilité « via un mécanisme de défense qui ignore cette culpabilité ». Ce mécanisme s’appelle le refoulement. Le refoulement survient lorsqu’une émotion est trop dure à supporter, une souffrance émotionnelle, une haine ou une tristesse si forte, que l’esprit préfère l’envoyer dans la zone de l’inconscient plutôt que de la ressentir constamment.

 

  • La psychologue Alice Miller, explique que « de nombreuses personnes souffrent de ce sentiment oppressant de culpabilité », ils ont le sentiment de ne pas être devenu comme les parents le souhaiteraient. Là encore, des parents critiques, souvent dans le reproche, insatisfaits, négatifs et perfectionnistes seraient la cause. L’enfant grandit alors avec l’impression de ne pas être comme il faut, sensation qui le suivra durant son adolescence et sa vie d’adulte. C’est ce qui crée la dévalorisation, l’auto-critique et le manque d’estime de soi.

 

  • Les psychologues ont également découvert une maladie mentale, la psychopathie. Les psychopathes sont des personnes qui se servent  qui refusent de ressentir la culpabilité. Ils refusent donc de reconnaître leurs tords, ils utilisent une forme de manipulation inconsciente pour obtenir ce qu’ils veulent et se faire passer pour les victimes, ils projettent leur propre culpabilité sur les autres en leur faisant porter le chapeau, évitant à tout prix d’accepter le rôle de coupable et de prendre une quelconque responsabilité dans une situation. Ces personnes sont incapables de se remettre en question, elles ne peuvent donc pas évoluer car la guérison passe par la remise en question.

 

  • Quelque soit le degré de refoulement de notre sentiment de culpabilité ( cela va de la personne qui a du mal à reconnaître ses erreurs à celle qui ne prend absolument pas en compte les émotions des autres, voire qui prend plaisir à faire du mal ), nous avons tous un jour ou l’autre utilisé ces mécanismes de manipulation mentale. Faire culpabiliser l’autre est une forme de manipulation, c’est un tour de passe-passe de notre égo pour nous éviter d’accepter nos responsabilités. En faisant culpabiliser l’autre, nous lui demandons en quelque sorte de renoncer à ce qu’il fait ou à ce qu’il est, à une partie de sa personnalité. Jacques Lacan, célèbre psychanalyste, explique que ce qui nous conduit à la culpabilité c’est justement de renoncer à son désir. Plus nous nous soumettons à ce que les autres attendent de nous, plus nous culpabilisons de ne pas être nous-même. Cela va développer chez nous de la culpabilité à chaque fois qu’on ressent une notion de bonheur, de plaisir, de joie et de réussite. Les personnes qui en souffrent échouent régulièrement dans ce qu’ils entreprennent. Et derrière cette soumission aux attentes des autres, il y a la peur de les perdre. Nous agissons comme ça par angoisse de se retrouver seul, de les blesser, de les décevoir ou de leur créer des problèmes, des souffrances psychologiques, physiques ou la mort. C’est le cas si les parents se plaignaient énormément et nous ont fait croire que nous étions la source de leur état émotionnel. Dans la pire situation, les parents qui ont tenté de se suicider ou qui ont menacé de le faire créent de véritables dégâts mentaux chez les enfants qui grandiront avec de nombreux troubles psychiques.

 

  • Certaines religions, cultures et traditions familiales se servent également de cette manipulation en favorisant le sentiment de culpabilité, qui va s’exercer comme un contrôle sur les gens qui se sentiront empêchés de faire ou de penser comme ils le souhaitent. Culpabilité = contrôle = atteinte à la liberté.

 

Guérir de la culpabilité

  • Elisabeth Gilbert, écrivain à succès, dans son livre Mange, prie, aime, affirme que : «  la culpabilité c’est la façon qu’a votre ego de vous piéger pour vous faire croire que vous progressez ». Penser que notre culpabilité fait de nous quelqu’un de bien est une erreur, là encore, c’est un tour de passe-passe de l’égo qui nous empêche d’avancer et de nous libérer de nos souffrances. La culpabilité ne nous rend pas meilleur qu’un autre, elle nous ronge mentalement et détruit petit à petit tout ce que nous essayons de construire. 

 

  • Derrière chaque accident, chaque maladie ou chaque échec se cache un sentiment de culpabilité. Lise Bourbeau, psychologue canadienne explique : « L’accident représente une punition en soi, pour se déculpabiliser ( … ) C’est d’ailleurs ce que nous avons appris depuis notre enfance. Lorsque nous faisons une action qualifiée de mauvaise, nous devons en payer le prix et être puni. »

 

  • La philosophie bouddhiste nous enseigne que la culpabilité imprègne notre façon de vivre, les situations et les relations. Elle est liée à la notion de faute, et met en jeu de nombreuses émotions, orgueil, colère, désir, etc.

Pour se libérer de cette émotion, voici quelques étapes à respecter :

  • Dans un premier temps, reconnaître que nous avons un problème, que nous culpabilisons. La guérison ne passera que par la prise de conscience et la reconnaissance de ce sentiment. La méthode Ho’oponopono s’avère être un excellent outil pour apprendre à déculpabiliser. 

  • Ensuite, il faut libérer cette émotion, lui donner le droit d’exister. En parler ( à un professionnel ou à nos proches, les personnes concernées, parents, frères et soeurs, qui ont construit ce sentiment en nous lorsque nous étions enfant ). La parole est la meilleure voie de communication, mais il existe également une alternative : la libération émotionnelle par l’écriture. 

  • Et pour finir, nous devons accéder au pardon, nous pardonner à soi-même et pardonner aux gens qui nous ont construit comme ça. C’est l’étape la plus difficile, elle intervient uniquement lorsque nous avons suffisamment de connaissances pour pouvoir nous montrer compréhensif et compatissant envers nous-même, et ensuite, envers nos proches. 

Voici les symptômes d’un sentiment de culpabilité :

• Je choisis régulièrement des partenaires qui ne me comblent pas ou me rejettent.

• Je stagne dans des occupations professionnelles insatisfaisantes.

• Je trouve toujours de bonnes raisons de me priver d’un plaisir.

• Après une réussite, un excellent moment, j’angoisse.

• Je rate mystérieusement ce que j’entreprends.

• Je me sens contraint de mal agir, puis de payer pour ma mauvaise conduite.

• Je prends des risques inutiles qui mettent ma vie en danger.

• Je me sens indigne des compliments ou des marques d’affection dont je suis gratifié.

• J’ai la sensation que les autres m’en veulent.

• Je ne sais pas dire non.


• J’éprouve le besoin de me sacrifier sans cesse.

• J’ai tendance à développer sans cesse des petits problèmes de santé qui intriguent les médecins.

Juliette Vinay

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