Coaching : Les croyances qui nous empêchent d’être nous-même

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Lors de la formation de Coaching en développement personnel et professionnel que j’ai suivie l’année dernière à Paris, un des formateurs nous a parlé des croyances.

Pour les coachs et les psychologues, une croyance est une pensée qui nous empêche d’être nous-même et de nous réaliser. On l’appelle donc « croyance limitante ».

Pour vous parler de ce phénomène, je vais vous raconter l’histoire d’une énorme croyance qui m’a suivi comme une ombre, depuis mon enfance.

Changement de cap

Après mon bac, j’ai eu du mal à décider de ce que je voulais faire de ma vie. On vous demande en terminale de faire vos vœux professionnels pour l’année suivante, un peu comme on demande à un enfant de faire sa liste au père noël.

Sauf que je n’avais aucune idée de ce que je voulais faire. Alors j’ai tenté une fac de langues, j’ai tenu trois semaines et puis je me suis effondrée sur mon lit à attendre qu’une idée de métier me vienne à l’esprit.

L’année d’après, j’ai retenté des études de psycho. En parallèle, j’ai commencé à donner des cours de danse pour me faire un peu d’argent de poche. A la fin de l’année, n’arrivant pas à gérer les deux, j’ai laissé tomber les études et continué dans la danse. J’ai monté mon école et pendant cinq ans, tout s’est très bien passé.

Mais un matin, comme si un père noël pas cool était passé dans la nuit, je me suis réveillée avec une pensée : « Je ne veux pas faire ça les vingt prochaines années. »

J’ai rangé la pensée dans un tiroir de mon esprit, mais tous les matins, elle réapparaissait, s’installer à la table devant mon petit déjeuner et me demandait de la prendre en compte.

Les six premiers mois, je l’ai ignoré. Alors elle a commencé à apparaître pendant que faisais mes courses, mon ménage, et enfin… pendant que je donnais mes cours de danse. Aïe…

Un jour, j’ai décidé de l’écouter et de la suivre. J’ai décidé de quitter mon école et de partir m’installer à Paris. J’ai pris des cours de danse et me suis dit que je pouvais peut-être tenter d’être danseuse. Mais la pensée continuait à s’inviter au petit déjeuner «  Je ne veux pas faire ça les vingt prochaines années. »

Alors j’ai laissé tomber l’idée d’être danseuse.

L’année dernière, mon corps s’est allié avec cette pensée et j’ai eu de sérieux problèmes aux genoux qui m’ont immobilisé pendant huit mois. Du coup, j’ai commencé à écrire psycho2rue. Et la pensée m’a un peu laissé tranquille.

Ensuite, j’ai entamé une formation de coaching. Après obtention de mon certificat, je me suis dit que j’allais fusionner la danse et le coaching et aider de jeunes danseurs dans leurs démarches professionnelles. J’ai entrepris de monter une compagnie avec des étudiants en danse, j’ai développé un concept de coaching / shooting photo pour leur book, j’ai organisé des stages de danse et des rencontres avec des professionnels de la danse.

Mais la pensée s’est réinvitée chez moi, mais de manière beaucoup plus brutale cette fois-ci. Elle me martelait sans cesse : « Je ne veux pas faire ça les vingt prochaines années. »

Elle criait tellement fort qu’au bout de quelques mois, j’avais moins envie de me lever pour faire tout ce que je devais faire dans une journée. Jusqu’à ce que je m’effondre un jour en me disant : «  mais je ne sais faire que ça, qu’est-ce que je peux bien faire d’autre ? »

Et là, silence radio. Je savais que je ne voulais pas faire de danse, quelque soit le domaine ( chorégraphe, professeur, danseuse, coach…) mais je ne savais pas non plus ce que je voulais faire à la place.

Les croyances limitantes

« Je ne sais faire que ça. » Voilà une première croyance, qui m’empêchait d’avancer et de réfléchir concrètement à ce que j’allais faire les vingt prochaines années. Car savoir faire une activité est une chose, mais aimer faire une tâche et avoir envie de se projeter avec cette activité dans le futur, c’est autre chose.

A force d’écrire des articles et de faire des recherches sur le domaine de la psyché humaine, je suis tombée sur plusieurs articles, des compte-rendus d’enquêtes scientifiques.

J’ai un ami qui est abonné au magazine Science&Vie et chaque fois que je vais chez lui, je lui pique les derniers numéros. Ce même ami m’a offert pour mon anniversaire cinq livres, dont un : « Votre cerveau n’a pas fini de vous étonner ». Et là, ça a été le coup de foudre. Au fur et à mesure que je tournais les pages, une nouvelle pensée est née dans mon esprit et s’est mis à faire du trampoline sur mon lit en criant «  je veux faire ça ! C’est ça que je veux faire ! »

Ma pensée me demandait donc de me concentrer sur la neuroscience. Là encore, j’ai snobé l’idée et je me suis forcée à continuer mes activités dans la danse. L’envie d’apprendre sur le domaine des neurosciences est restée présente mais je l’ai repoussé en me disant «  Je n’ai pas l’argent pour reprendre les études » ( croyance numéro 1 ), et « Je ne suis pas scientifique » ( croyance numéro 2 ).

La première croyance fait écho à un problème d’ordre matériel : comment financer ses études ?

La deuxième croyance était beaucoup pour plus forte et difficile à contourner. C’est la croyance source, celle qui se cache en-dessous de toutes les autres croyances qui nous empêchent de se réaliser dans ce qu’on aime. Elle est plus forte parce qu’elle ne touche pas le domaine pratique ( comment trouver l’argent pour réaliser ça ) mais elle touche l’être ( je ne suis pas capable de faire des études dans la science ).

Alors j’ai décidé de disséquer et de comprendre d’où venait cette croyance : à neuf ans, j’ai demandé à mes parents de m’offrir une mallette de chimiste à Noël. Un jour, j’ai dit à la maîtresse : « Je veux être scientifique ». Elle a attrapé mes parents à la réunion parent-prof quelques semaines plus tard, elle leur a fait part de mon envie et elle a ajouté : «  Mais elle ne se rend pas encore compte qu’elle a un don pour l’écriture. C’est une littéraire. Elle ne sera pas scientifique. »

Voilà comment une envie spontanée qui venait tout droit du cœur d’une enfant a été écrasée et mise au placard en un claquement de doigt. Et j’ai poursuivi ma scolarité en me persuadant que j’étais littéraire, et donc, nulle en sciences. Et d’ailleurs, pourquoi l’un empêcherait-il l’autre ? Les scientifiques ne sont pas obligés de savoir lire et écrire pour apprendre, et rédiger leurs thèses ?

Car l’école, tout comme la société, a ce besoin irrépressible de mettre les gens dans des cases verrouillées. Vous aimez lire et écrire, vous dansez et chantez, donc vous êtes littéraire, et bien sûr, vous ne pouvez pas aimer les sciences en plus ! De même que si vous êtes un petit génie en Mathématiques, il est impensable que vous aimiez vous adonner à des activités artistiques. Malheureusement, l’école véhicule ce type de croyances qui empêchent les enfants d’être ce qu’ils sont.

Le plus drôle, c’est qu’en ressortant mes vieux bulletins scolaires de collège et lycée, je me suis rendue compte que mes notes en matières scientifiques étaient souvent égales, voire supérieures à celles des matières littéraires. Pourtant, j’ai passé ma scolarité à me dire : « Je ne suis pas scientifique. »

Le mental vs le coeur

Passons à la partie un peu spirituelle de cette histoire : il y a quelques temps, je suis allée voir Amma. Pour ceux qui ne connaissent pas, Amma est une sainte Indienne qui voyage à travers le monde pour embrasser les gens. A travers son mouvement « embracing the world », elle véhicule un message de paix et d’amour, tout en récoltant des millions et des millions d’euros pour des œuvres humanitaires. Après l’avoir rencontré et embrassé, la pensée «  Je veux faire des neurosciences » est montée en puissance en moi. Elle est devenue tellement grosse qu’elle a pris toute la place dans ma tête.

Il paraîtrait qu’Amma nous enlève une partie de notre ombre, de notre souffrance et nous réinjecte un peu d’énergie d’amour et de lumière. Je me dis qu’elle a dû récupérer cette croyance «  Je ne suis pas scientifique » qui me faisait du mal, car elle m’empêchait d’être moi-même. Et à l’inverse, elle m’a peut-être reconnecté avec l’amour que j’ai pour les sciences. Car quand je passe une soirée avec mon ami qui lit Science&Vie à l’écouter me parler de biologie, de physique quantique ou de neuropsychologie, je suis obligée d’admettre que j’aime ça. Lire des bouquins ou écrire sur le sujet, j’adore ça. Je le sens. Je peux y passer des heures. Il n’y a rien de logique dans tout ça, seulement un ressenti. Et comme on dit «  le cœur a ses raisons que la raison ne peut pas comprendre. »

J’ai eu beau me raisonner depuis des années en me disant que je n’étais pas scientifique, que je n’avais pas l’argent pour me remettre aux études, que j’étais trop vieille, que ce serait compliqué et long….lorsqu’une envie qui vient du cœur monte en nous, il faut admettre qu’elle est plus forte que toutes les croyances que nous avons à propos de cette envie.

Voilà ce que j’ai compris sur les croyance : « Les croyances viennent du mental, les envies viennent du cœur. »

Aujourd’hui, j’ai décidé de suivre mes envies. Oui ce sera compliqué, non je n’ai pas choisi la facilité, mais il paraît que les épreuves nous font avancer, nous stimulent, nous font sortir de notre zone de confort, tandis que la facilité nous ramollit, nous rend apathique.

Coaching

En coaching, on nous apprend à déceler les croyances limitantes chez nos coachés et voici deux questions que l’on peut se poser et qui peuvent nous permettre d’y voir plus clair :

  • Qu’est-ce que j’ai envie de faire ?
  • Qu’est-ce qui m’en empêche ?

La réponse à la deuxième question vous indiquera quelle est la croyance limitante qui vous bloque.

Après l’avoir décelé, vous pouvez aussi vous demander

  • D’où vient cette croyance ?

La société dans laquelle nous vivons nous poussent à raisonner, à juger, à analyser. Regardez une émission télé et observez les gens parler, ils ne font que ça. Ils raisonnent, se rassurent, ils jugent les gens et analysent les choses. Je ne dis pas que c’est une mauvaise chose, je dis juste qu’on ne nous apprend pas forcément à penser par soi-même et à s’écouter.

Dès l’école primaire, on nous demande d’apprendre par cœur et de recracher, sans forcément se demander ce qu’on pense personnellement de tout ça. Avez-vous déjà vu une série de questions sur un commentaire de texte se terminer par « Et vous, que pensez-vous de la deuxième guerre mondiale ? »

Je pense que c’est ce qu’il nous manque pour ensuite réussir à faire des choix pour notre vie personnelle et professionnelle, des choix qui viennent du cœur, et non d’une liste interminable de pour et de contre écrits noir sur blanc.

Lorsque j’ai annoncé à certaines personnes que j’allais reprendre des études scientifiques, on m’a répondu «  tu es folle » en rigolant. Sortir des sentiers battus, prendre un virage à 180 degrés et entreprendre une activité qui ne va pas dans la continuité de ce qu’on faisait jusqu’ici est perçu comme un acte de folie, de déraison, d’insouciance.

Voilà pourquoi il faut s’accrocher à soi-même, à son ressenti, à son envie, et ne surtout pas écouter ceux qui vous laisseront sous-entendre que vous avez tord d’avoir envie de faire quelque chose.

Juliette Vinay

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